Gel du point d'indice (base de calcul du salaire fixe): rien avant 2015. Hollande a réaffirmé hier avec fermeté ses objectifs d'économies sur les dépenses !

Fonctionnaires : un petit geste confirmé pour les bas salaires

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Par Derek Perrotte | 07/05 | 07:00


130.000 agents vont bénéficier en 2013 d’une remontée sur la grille salariale.

Promesse tenue. La semaine dernière, le ministère de la Fonction publique a présenté aux syndicats le décret actant le petit geste envers les agents de catégorie C (la plus basse) annoncé en février lors de l’ouverture des discussions salariales. Conformément à une revendication récurrente des syndicats, le huitième et dernier échelon de la grille salariale des C va être « décontingenté » : tous les agents seront susceptibles d’y accéder après trois ou quatre ans au septième échelon. C’était déjà le cas pour les agents des filières techniques, mais un système de quota était en place dans les filières administratives, où seul un agent sur sept environ atteignait ce dernier échelon.

La mesure devrait entrer en vigueur cet été dans les trois versants de la fonction publique (Etat, hôpitaux, collectivités) et 130.000 agents devraient en bénéficier dès cette année. Le passage au huitième échelon entraînera pour eux une revalorisation salariale de 780 euros brut par an. Le coût est estimé, en année pleine, à 16 millions d’euros par an, dont seulement 3,5 millions d’euros pour l’Etat employeur, l’essentiel des agents de catégorie C se trouvant dans les collectivités locales.

Ce geste a été salué par les syndicats mais ne saurait à lui seul, préviennent-ils, effacer les tensions liées au gel du point d’indice (base de calcul du salaire fixe), en place depuis 2010 et confirmé pour 2013. D’autant que la ministre, Marylise Lebranchu, a indiqué mi-avril aux syndicats que cette question ne serait pas remise sur la table des négociations avant mi-2014. Manière d’indiquer implicitement qu’un geste n’interviendrait probablement pas avant 2015.

Menace de mobilisation

En réaction, 6 syndicats sur 8 (tous sauf la CFDT et l’Unsa) ont menacé, dans un communiqué commun, de « mettre en débat des perspectives rapides de mobilisation », faute de geste immédiat sur tous les salaires. Mais leur menace reste à ce stade très théorique, tant le terrain ne semble pas, ou pas encore, prêt à se mobiliser.

Les discussions doivent se poursuivre ces prochaines semaines sur les dossiers ouverts cet hiver : refonte des grilles salariales, en priorité des catégories C, réforme des indemnités de résidence et du supplément familial de traitement et remise à plat des primes au mérite instituées sous Nicolas Sarkozy. Reste à savoir si l’assouplissement par Bruxelles de la contrainte budgétaire amènera l’exécutif à desserrer les cordons de la bourse. A ce stade, c’est non : François Hollande a réaffirmé hier avec fermeté ses objectifs d’économies sur les dépenses.

Derek Perrotte, Les Echos
Écrit par Derek PERROTTE
Journaliste
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